Accroupi au bord du chemin sous la frondaison, le vallon
frémissant sous la brise printanière se dévoile dans l'aube naissante.
Si près du sol, les effluves de l'humus invitent à la contemplation.
Dans la brume matinale à peine dissipée , les rangs déjà bien dessinés
de la vigne désignent le hameau encore endormi.
Les ifs pointés vers l'azur cherchent à diriger le regard vers les cieux pour
accrocher le nuage moutonneux qui trouble comme un enfant dissipé
la profondeur de l'éther.
Plus près les passereaux à la trille délicate s'égosillent en chœur,
même le piètre pépiement des traquets et des crécelles n'altère pas
l'harmonie musicale qui chatoie l'oreille.
Les sens comblés, enfin apaisé le bas-ventre se relâche, la pêche d'une
seule pièce se confronte à la gravité terrestre.
Dans l'instant qui suit ce petit paradis éphémère se transforme
en désert caillouteux et austère.
Ni la fougère timide, à cette époque à peine bourgeonnante,
ni le rameau défolié, ni la précoce primevère aux fleurs
colorées, ni l'herbacée famélique ne sont d'un secours
immédiat et ne palient le manque de papier.